Lettre de l’Été 2026


Les origines d'Alkali  

Donner un nom

Au printemps 2020, je cherchais comment signer mes pièces autrement qu’avec mon propre nom. J’ai choisi Alkali pour sa sonorité, sa force graphique et son caractère minéral.

Alkali trouve ses racines dans le mot arabe al qaly, qui désigne les cendres végétales. C’est de cette même origine que vient le mot alcalin. Utilisées dans la fabrication des émaux, les cendres sont liées aux transformations de la matière par le feu. C’est un mot sobre et brut qui évoque un univers de terre, de transformation et d’équilibre.

Choses & Usages dit mon attachement aux objets simples et à la place qu’ils prennent dans nos vies. Une chose peut être précieuse sans être exceptionnelle.

Une attention au quotidien que je retrouve dans le Mingei, ce mouvement japonais qui célèbre la beauté des objets usuels, façonnés par la main, souvent par des artisans anonymes.

Un bol, un petit couteau, une lampe. Des choses que l’on prend en main, que l’on use, que l’on répare pour les garder longtemps. Façonnés par les mains qui les fabriquent, ils continuent de l’être par celles qui les utilisent.

Du bois à la terre

J'ai trouvé mon atelier en me promenant.

Je regardais souvent cette longue rangée de fenêtres d’une ancienne menuiserie.   La lumière qui y entrait et la vue alentour me faisaient imaginer un bel espace de travail.

Un jour, la porte d’entrée était entrouverte. J’ai rencontré Luc, le menuisier retraité. Il m’a proposé de m’installer à l’étage. Sa famille a travaillé le bois ici pendant plusieurs générations. Son grand-père fabriquait des roues de charrettes.

Aujourd’hui, la terre a remplacé le bois. Mais j’aime penser que le lieu a conservé quelque chose de cette histoire. Des outils, des mains, des matières. Des objets qui se fabriquent lentement.

Luc passe de temps en temps, quelques tomates du jardin à la main. On échange des nouvelles, on bavarde un moment. Il aime découvrir les dernières pièces sorties du four.


Le geste  

Creuser la matière

Lors d’un stage en soirée, nous avons découvert le Kurinuki, une technique japonaise qui consiste à creuser progressivement une forme dans une masse de terre.

Jusqu’ici, j’avais façonné la terre en ajoutant, en assemblant, en étirant ou en faisant monter la matière. Avec le Kurinuki, le geste s’inverse. La forme apparaît en retirant. On creuse, on taille, on gratte. Peu à peu, le volume se révèle. Les traces des outils restent visibles et le geste devient lui même une forme d’expression.

Une approche que j’ai envie de continuer à explorer.


L'école  

Septembre à l'atelier

L’été est encore là. Septembre se profile doucement. Avec lui reviendront les mains dans la terre et le plaisir de créer ensemble, les pièces qui sèchent sur les planches et les journées qui raccourcissent.

Les cours reprennent le 3 septembre, en petits groupes.                                        

Des stages à la journée ou le temps d’un WE ponctueront l’année.

Un temps pour soi, pour créer.

­Vers les cours et stages­

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Voilà pour cette première lettre.

D’autres histoires, recherches et projets prennent déjà forme. Je me réjouis de vous les partager au fil des prochaines saisons.

Belle fin d’été à toutes et tous,